ET SI DURAS AIMAIT BACH

Une adaptation de L'été 80 de Marguerite Duras
avec Anne Danais à la voix et Alice Rosset au piano.

Le texte de Marguerite Duras est le fil conducteur de ce spectacle. Les mots de Duras appellent la musique de Bach. Il s’agit d’un tissage plus que d’un dialogue. Duras évoque la mer et sa puissance, les éléments, les touristes à Trouville, l’actualité de l’été 80, le pouvoir, les peurs de l'humain. Elle raconte aussi l’histoire d’amour qui naît entre une jeune fille, monitrice de colonie de vacances, et un enfant.

De tout ça le public devient témoin. C'est un embarquement bouleversant. Quarante ans après, ce texte sonne avec force. Quant à Bach, sa musique semble avoir été composée hier. La rencontre est évidence.

 

Il s'agit bien d'une lecture. Le piano est au centre du plateau, comme un bateau, perpendiculaire au bord de scène. Anne a ce besoin d'être proche de lui, de le toucher, le caresser, de créer une relation à lui, de lui tourner autour, besoin de s'en éloigner aussi par moments, de le regarder.  Elle parle au public, à chacun. Elle s'adresse à Alice aussi, comme si elles n'étaient que toutes les deux, l'écoute jouer comme si elle ne jouait que pour elles, l'oublie, comme si elle se trouvait seule avec cette musique, dans la chambre noire dont parle Marguerite Duras. Alice, elle, n'a pas le choix, est comme prisonnière de l'instrument. Est-elle dans la chambre, fantôme de Marguerite qui se rêvait pianiste, est-elle la jeune fille de l'histoire, est-elle l'enfant ? Tout à la fois et plus sans doute. 

Tout est mouvement dans cette immobilité, dans la musique de Duras et les pensées de Bach.

 

C’est le deuxième duo que montent Alice et Anne. Ceux qui ont vu le spectacle Chopin/Sand peuvent témoigner de la puissance de leur jeu.

 

 

Note d'intention de Anne Danais

"C'est en écoutant Alice jouer Bach lors d'une tournée que j'ai ressenti la présence de Duras. Et cette question m'est venue. Et si Duras aimait Bach ? Je relis régulièrement ses écrits, besoin de me replonger dans son œuvre comme de revenir à une source. Et cette envie de la lire à haute voix, de partager mon amour pour ses mots s'est confirmée à ce moment. Est-ce que Marguerite Duras écoutait Bach ? Quel était son lien avec la musique ?

Voilà ce qu'elle dit : "Pour moi c'est la plus haute instance de la pensée... à son stade non formulé... à son stade millénaire, presque archaïque... la pensée dans ses premiers et ses derniers instants mêlée à la sensibilité, pas dégagée encore...du magma de la sensibilité. Elle ne sait pas ce qu'elle dit la musique, elle ne sait pas ce qu'elle fait... oui... elle est innocente à... à en hurler .../... après il n'y a plus que Dieu et Dieu n'existe pas."

 

 

Ces mots m'ont touchée et confirmé la justesse de mon envie,

et L'été 80, ce livre méconnu, s'est imposé dans la foulée."

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